La mélancolie
La mélancolie
Qui vient qui coule
Qui vous enfonce tout doucement
Qui vous enroule
Qui vous blottit
Qui vous protège des ouragans
La mélancolie qui vient qui cogne
A la porte si souvent
Que l’on s’y abandonne
Que l’on se roule même dedans
La mélancolie
De nos meilleures années
Nos compagnes nos conneries
Ne doivent pas un jour s’oublier
Nos mélancolies
Se mélangent mon ange
S’emmêlent
Dans nos vies de petits blancs
Dans tous ces souvenirs d’école
Et de tout le tremblement
La mélancolie
Comme une anomalie
Qui démolit tout doucement
Qui vous demande qui vous explique
Qu’on n’est plus des enfants
La mélancolie
Qui coule de source
Qui colle au corps
Et qui vous crée des putains d’emmerdements
La mélancolie c’est communiste
Tout le monde y a droit de temps en temps
La mélancolie n’est pas capitaliste
C’est même gratuit pour les perdants
La mélancolie c’est pacifiste
On ne lui rentre jamais dedans
La mélancolie oh tu sais ça existe
Elle se prend même avec des gants
La mélancolie c’est pour les syndicalistes
Il faut juste sa carte de permanent
“La mélancolie” de Christophe Miossec in “L’étreinte” (2006)
merci au clown lyrique pour sa précieuse collaboration
Quand les pauvres auront mangé tous les rats
Contexte de la photographie: L’érosion des rives dans sa forme la plus violente a conduit à une terrible misère les habitants de la région de Munshiganj, au Bangladesh. Des centaines de maisons se sont déplacées alors que l’eau a rapidement grugé la terre.
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“Il faut savoir que nous sommes en naufrage. Nous devons prendre modèle sur les précédentes périodes fâcheuses: le siège de Paris, par exemple, en 1870. Après avoir dévoré les animaux du Jardin des Plantes, y compris l’éléphant, les citadins affamés devenaient aussi inventifs que peu difficiles. Les marchands de beurre ramassaient dans les parfumeries de vieilles pommades pour en faire des gâteaux et un boucher de la rue Rochechouart vendait les rats à 50 centimes pièce, légèrement plus chers s’il les avait préparés en pâté ou en tarte…
Quand les pauvres auront mangé tous les rats, ils pourront se manger entre eux, mais, attention, pas tout crus comme sur le radeau de la Méduse: il faut savoir faire cuire la viande humaine pour qu’elle ressemble à du veau. L’explorateur anglais Seabrook a ramené de Côte d’Ivoire, en 1831, quelques conseils des guerriers guerés pour cuisiner son prochain. Il note d’abord les morceaux les plus appréciés, comme les paumes, les côtes, l’arrière-train, le haut des cuisses. Débité en tronçons, l’homme cuit lentement à feu doux, environ douze heures, souvent humecté avec de l’huile de palme. Servez-le, si possible, avec des patates douces et des bananes.”
tiré de: ”Sur le radeau de la Méduse”, de Patrick Rambaud, © le journal du dimanche, 5 avril 2009
merci au clown lyrique pour sa précieuse collaboration
Michael Jackson: portrait de Charlie Chaplin
”Son martyre spécial ne tenait-il pas à sa difficulté d’accueillir toutes les tares et contradictions de l’époque : l’amour de la nature, les phobies, le culte de la beauté, le métamorphisme, la jeunesse éternelle, la cryogénisation, la candeur de Bambi, le déchaînement de la violence, l’ubiquité, l’ennui, la chirurgie plastique, les films d’horreur […], la pudeur, le sexe extrême, la différence érigée en horizon moral indépassable, les clones, la réclusion, l’exhibitionnisme- non seulement de les accueillir, ces tares et contradictions, sans en rejeter aucune, mais de les incarner dans la chair étrangement composite qui était la sienne à leur degré maximum ? »
tiré de: ”Bambi Frankenstein”, de Jean-Hubert Gaillot – éditions de L’Olivier, août 2006
merci au clown lyrique pour sa précieuse collaboration















