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Les yeux grand fermés

“Journey of the Prophet Muhammad”

(note: où Mahomet est à dos de dromadaire)

Folio tiré du Majma al-Tavarikh (“Compendium of Histories”) de l’historien Perse Hafiz-i Abru (mort en 1430)

Description:

Object Name:
Illustrated manuscript, folio
Date:
ca. 1425
Geography:
Afghanistan, Herat
Medium:
Ink, opaque watercolor, and gold on paper
Dimensions:
16.87 in. high 13.00 in. wide (42.8 cm high 33 cm wide)
Classification:
Codices
Credit Line:
Cora Timken Burnett Collection of Persian Miniatures and Other Persian Art Objects, Bequest of Cora Timken Burnett, 1956
Accession Number:
57.51.9

source: The Metropolitan Museum of Art, New York (metmuseum.org)

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Il y a ce qu’on appelle la loi de Dieu, il y a celle dite la loi des hommes et il y a des lois des hommes que les hommes mettent dans la bouche de Dieu alors qu’Il n’en est pas l’auteur. L’on sait que tout texte religieux comporte ses interprétations, toujours nombreuses, toujours différentes, selon le message que l’on veut transmettre. Ces interprétations sont comme les statistiques que l’on peut analyser et manipuler à notre guise pour en tirer la conclusion que l’on veut afin de cautionner le but que l’on s’est fixé.

Depuis quelques années, les revendications des musulmans s’accumulent afin de ne pas contrevenir au Coran qui, selon eux, interdit toute représentation graphique du prophète Mahomet. Ces revendications s’adressent aux Occidentaux qui ont, d’une part une toute autre conception de la liberté d’expression, et d’autre part ne se sentent pas liés par cette interdiction venant d’une religion autre que la leur. On sait le cirque sinistre que cet affrontement d’idéologies a engendré. Le discours tenu aujourd’hui par les musulmans ne tient toutefois pas la route de l’Histoire ni de l’Art car n’origine pas du Coran mais d’une loi humaine attribuée au prophète.

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source: Jami al-Tawarikh (“The Compendium of Chronicles” or “The Universal History“) de Rashīd al-Dīn Tabīb (historien Perse / 1247–1318).

“Mohammed kaaba”

(note: où Mahomet est au centre)

Cette illustration (ca. 1315) est dans un folio conservé dans la Section des Manuscrits Orientaux de la Librairie de l’Université d’Edimburgh, Collections et Archives Spéciales.

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Le sujet de la représentation picturale de Mahomet est toutefois très controversé, et ce, depuis fort longtemps et chez les musulmans mêmes.Une fatwâ a même été émise au XIIIe siècle par le juriste shaféite Syrien al-Nawawî (1233-1277) afin de définir clairement ce qui pouvait et ce qui ne pouvait pas être représenté de l’homme, d’un animal ou d’un objet quelconque parce que la fabrication (d’une image) “est interdite en toute circonstance, parce qu’elle implique une copie de l’activité créatrice de Dieu”.

Mais à quoi sert-il de dire au XXIe siècle que le Coran interdit la représentation picturale du prophète alors qu’elle a déjà été faite de tous temps, et pas qu’en Occident mais sur les terres mêmes de l’Islam ? A preuve la peinture qui coiffe ce billet, une représentation du prophète Mahomet à dos de dromadaire, qui origine d’Afghanistan et est datée des environs de 1425. Celle-ci n’est pourtant qu’une représentation parmi beaucoup d’autres qui ont été faites au cours des siècles, tout comme l’illustration ci-haut tirée du Jami al-Tawarikh.

sur ce sujet, je vous recommande l’excellent article de Wikipédia “Représentation figurée dans les arts de l’Islam”

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caricature: Delize

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