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étudiants

Monsieur Charest, je vous aime

un texte de Nathalie Ragheb
publié le le 23 mai 2012 sur “Des mots et des choses”

Aujourd’hui, c’est devenu évident. Je ne peux plus faire semblant.

En revenant du boulot tout à l’heure, j’ai croisé plein de petits groupes de gens qui faisaient un vacarme épouvantable avec des casseroles. Ça m’a décroché un large sourire. Des jeunes, des moins jeunes, des enfants, tous à leurs casseroles jusqu’au parvis de l’église à côté de chez moi. Je vous dois le plaisir de ce tintamarre et de l’esprit de communauté qui réchauffe le cœur.

Je vous aime, parce que je vous trouve vraiment fort de tenir tête aux étudiants sans broncher, en gardant votre cool comme si de rien n’était. C’est bon pour eux. Comme Ministre de la Jeunesse, vous avez réussi à les mobiliser et à les intéresser à la politique. Vraiment, trop fort. Il y avait si longtemps qu’on la déplorait, vous avez secoué leur apathie et prouvé qu’un politicien peut rejoindre la jeunesse. Vous êtes brillant.

Je vous aime parce que, grâce à vous, ma ville a lancé la saison des festivals beaucoup plus tôt que de coutume. Nous avons eu droit à des marées humaines, des foules joyeuses et unies, pleines de couleurs et de sons, rassemblant des gens de tout âge, de toute origine, de toute appartenance socio-économique. Les automobilistes sourient même aux piétons, et vice versa. Vous êtes un grand rassembleur.


source: nragheb.wordpress.com

Je vous aime parce que vous avez su donner des rôles de choix aux femmes dans votre caucus et faire la preuve qu’il y a de la place pour les femmes aux plus hautes instances du pouvoir. Vous êtes même allé jusqu’à vous effacer pour qu’elles puissent rayonner de tous leurs feux. Votre façon de lutter contre la discrimination, par l’exemple, est admirable. Vous incarnez le grand principe de l’égalité des sexes.

Je vous aime pour tout ce que vous faites pour la culture. Non seulement stimulez-vous l’économie avec votre Plan Nord, vous stimulez les artistes, acteurs, musiciens, écrivains, à prendre position et à prêter leurs noms à une cause. Bien plus, vous inspirez des chansons, des poèmes, des illustrations, des montages, dont l’ingéniosité est si réjouissante qu’on pourrait passer des heures à s’y baigner. Vous êtes la muse de tant de personnes talentueuses que je rougis d’oser vous avouer mon amour.

Je vous aime parce que vous avez réussi le coup de force de nous sortir du petit débat sur la hausse des frais de scolarité pour l’élargir à la question du sens même de la démocratie. Vous avez ouvert les échanges sur des sujets aussi divers que la pertinence de nos institutions académiques, judiciaires, policières, gouvernementales, la qualité de nos médias et la valeur réelle des sondages d’opinion. Il y avait longtemps qu’on n’avait lu autant de textes intelligents, argumentés, structurés. On avait même oublié l’importance de la pensée critique dans une société. Vous l’avez remise à l’avant-plan et avez redonné aux intellectuels, universitaires ou de salon, leurs lettres de noblesse. Vous êtes un grand debater et votre courage est sans limites.

Je vous aime parce que le mouvement dont vous êtes l’instigateur a des échos à travers le monde. Il fait partout l’envie de ceux qui ont à cœur l’équité, la justice, la démocratie et le bien commun. Vous avez réussi à attirer l’attention de la planète sur le Québec et contribué à donner espoir aux mouvements de contestation de l’idéologie néolibérale qui s’agitent en Occident. Vous êtes un grand bâtisseur.

Je vous aime parce que vous avez su rester humble, malgré toutes ces réalisations. Jamais vous ne courez au devant des caméras pour prendre le mérite de tout ce que vous faites. Jamais vous ne cherchez à voler la vedette à vos ministres. Cette humilité est si touchante, que je rougis encore de mon effronterie.

Au Téléjournal, je vous ai vu travailler à rebâtir le parti progressiste conservateur, tout seul après sa grande débâcle – qu’aucun sondeur de l’époque n’avait prédite. Je vous ai ensuite vu arriver en grande pompe à l’assemblée nationale pour la lutte des titans avec Lucien Bouchard. Après avoir assisté à l’échec du référendum de 1995, je n’osais plus regarder le Téléjournal tant je craignais de tomber sur un reportage vous concernant. Depuis votre entrée au pouvoir en 2003, ce sont tous les médias que j’évitais.

Je comprends maintenant que c’est à cause de l’émotion que j’avais peur d’éprouver en voyant des images de vous. Je ne vous remercierai jamais assez, Monsieur Charest, d’avoir insisté pour vous rappeler à mon attention. Comme disait Michel Rivard à la grande manifestation du 22 mai, je m’étais endormie sur mes rêves. Vous m’avez réveillée.

D’ailleurs, je me suis interrompue en vous écrivant, pour aller faire un tour à la manifestation de casseroles que j’entendais passer sur la rue d’à côté. J’ai dit bonjour à mes voisins, salué la centaine de manifestants; ça fait beaucoup de bien, vous savez, tout ce que vous faites. Ça crée un sentiment d’appartenance, ça redonne envie de croire en quelque chose de mieux.

Pardonnez mon impertinence, Monsieur Charest. J’avais perdu l’habitude de sortir de ma réserve, de réfléchir sur des questions qui avaient du sens, d’écrire. Je vous semble peut-être malhabile et inconvenante, mais il fallait que je vous le dise. Je vous aime.

source: nragheb.wordpress.com


Québec | une crise sociale en images


photo: (inconnu)


photo: Robert Skinner


photo: Olivier Pontbriand


source: Twitter


photo: Patrice Laroche


source: Twitter


source: Twitter


photo: (inconnu)


publicité: La Fédération autonome de l’enseignement


photo: (inconnu)


source: Twitter


source: Twitter


source: Twitter


photo: Jean-Marie Villeneuve


caricature: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


photo: Olivier PontBriand


photo: David Widgington


photo: Valerian Mazataud


photo: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


source: Twitter


photo: (inconnu)


photo: Jean-Marie Villeneuve


photo: Édouard Plante-Fréchette


photo: Mathieu Breton


photo: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


Quand le Québec fait la une de Libération


source: liberation.fr


source: liberation.fr


source: liberation.fr


Nous nous répétons : le gouvernement du Québec attend-il qu’il y ait des morts avant de solutionner le conflit étudiant ?


photo: Édouard-Plante Fréchette

Jean Charest,
le premier ministre du Québec,
attend-il qu’il y ait des morts avant de solutionner le conflit étudiant ?


photo: (inconnu)

Et comme responsable des dossiers jeunesse au Conseil des ministres du Québec, qu’attend-il pour écouter les doléances de cette jeunesse ?
Un mort ?
Des morts ?


Montréal | quand il n’y a pas de frontières


photo: David Champagne


Montréal | quand le sang coule


source: Twitter

« Il est dangereux d’avoir raison quand le gouvernement a tort. »

Voltaire

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819-569-5646

numéro de téléphone du bureau de comté du député de Sherbrooke, M. Jean Charest, également premier ministre du Québec


M. Jean Charest

photo: Le Chibouki frustré


Le “grand tonnerre” de Montréal


source: Reuters


source: Radio-Canada

Plusieurs de rouge vêtus parmi une foule évaluée entre 200,000 et 300,000 personnes de tous âges et de tous milieux pour appuyer le mouvement de contestation étudiant face à la hausse décrétée par le gouvernement des frais de scolarité universitaire et contre la loi spéciale destinée à restreindre le droit de manifester.


“Un grand tonnerre” | à Montréal le 22 mai 2012


source: YouTube

Toutes et tous à la Place des Festivals, à Montréal, mardi le 22 mai 2012 à 14h00.

Un texte de Christian Nadeau, professeur de philosophie à l’Université de Montréal. Interprété par Christian Bégin et Dominique Leduc.
Montage audio/video: Eric Robertson et Bérénice Steevenson.
Musique: “East Hastings” par Godspeed You! Black Emperor


De la jeunesse et la répression… | un témoignage troublant


photo: Robert Skinner

Témoignage écrit par Xi Sophie Zhang :

“À plusieurs reprises, les gens ont témoigné sur la brutalité policière et la couverture biaisée des médias. J’y ai toujours cru, mais hier soir, j’en ai eu la preuve incontestable.

Entre 21h et 1h, assise avec une camarade de classe, mon chum et quatre amis dans le café L’Escalier qui fait face au parc Émilie-Gamelin, nous avons été témoins d’une scène terrifiante!!!!!!!!

À travers les fenêtres, nous observions le jeu du chat et de la souris décrit dans les médias : des manifestants s’enfuyant au son des bombes assourdissantes et sur leurs pas, les policiers, des anti-émeutes et la Sûreté du Québec. Alors qu’on prenait une bière en dansant la salsa, l’air s’est épaissi plus d’une fois de poivre de cayenne, faisant tousser soudainement tous les clients du café.

Puis, un silence horrifié autour de la table. 1ère scène sur le trottoir du parc. Un manifestant s’enfuit vers le métro. Des policiers le pourchassent. Un 1er agent à vélo le renverse en pleine course. Un 2è lui rentre dedans avec son vélo. Les autres lui sautent dessus et l’arrêtent de la façon la plus brutale imaginable. 2è scène sur le même trottoir. Un autre manifestant en fuite. Un agent arrive derrière lui. BANG, coup de matraque derrière le cou. Il chute brutalement. Un 2è agent soulève son vélo au-dessus de l’homme qui gît maintenant à terre. PAF PAF PAF. Des coups de bicyclette sur le corps immobile.

Une demie heure plus tard, il y a toujours 10 policiers qui l’encerclent. Tout le monde dans le café se demande « pourquoi est-il encore sur le sol? ». Les agents ont l’air nerveux. Ils demandent à un journaliste de ranger sa caméra. Des passants s’approchent, mais restent en périphérie de la scène. Un policier particulièrement enragé leur crie de dégager et les pousse avec force. Il fait presque tomber à la renverse 2 ou 3 observateurs. C’est de la pure provocation.

Les minutes passent. Le 2è manifestant arrêté est toujours couché. Les observateurs se font de plus en plus nombreux. Finalement, l’ambulance arrive et on comprend. Ils l’ont sévèrement blessé. On voit les paramédicaux lui mettre un collier cervical et l’emporter sur une civière. La foule rage. Une fille s’approche des policiers, crie, pointe, leur montre le doigt. Du café, on n’entend pas ses mots, mais on voit son émotion. On se demande si elle est amie ou parente du blessé et on se dit qu’on réagirait exactement comme elle si ça nous arrivait.

La salsa est finie. On sort du café et on s’approche du lieu de l’incident. Des flaques de sang sur le trottoir où l’homme a été abattu. Notre groupe d’amis, loin d’être tous des carrés rouges, frissonne de peur et de dégoût. L’une d’entre nous a des larmes aux yeux. Ça donne mal au coeur. On se demande tous comment la manifestation sera rapportée dans les médias le lendemain.

Sans grande surprise, ce matin je lis dans La Presse : « Dans le chaos, ce ne sont pas moins de 305 personnes qui ont été arrêtées et une dizaine blessées, dont une gravement. Il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années qui a été blessé à la tête alors qu’il était appréhendé au square Berri. Les policiers venaient de se faire attaquer lorsqu’ils ont chargé, selon un porte-parole. » Dans le Devoir : « On rapporte pour hier un blessé grave à la tête, mais on ne craindrait pas pour la vie du manifestant. » À Radio-Canada : rien sur l’incident en question.

C’est tout. Les policiers ont été provoqués. Le gars ne va pas mourir. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais des questions restent sans réponse. Pourquoi arrêter les manifestants (dont la « violence » se résume, 99,9% du temps, à du vandalisme et des altercations avec les policiers, et non à de la vraie violence envers les personnes) en utilisant une force qui pourrait tuer ou rendre paraplégique? Pourquoi frapper sur une personne déjà à terre? Pourquoi agresser les observateurs qui ne dérangent pas, à moins d’avoir quelque chose à cacher? Et surtout, pourquoi dans la presse ne parle-t-on jamais des motifs et du déroulement des arrestations, seulement de la casse qui “justifie” la brutalité?”

source: Facebook / Karine Bériault

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“Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

François Mitterrand
Discours à l’Assemblée nationale, 8 mai 1968


Québec | Enfin une révolution sociale dans la Belle Province


source: lecoindefranie.centerblog.net

par Jean Barbe, écrivain, éditeur et journaliste chroniqueur
Le Monde
15 mai 2012

Depuis quatorze semaines, plus du tiers des étudiants du Québec sont en grève et manifestent par milliers, paralysant les rues de Montréal tandis que klaxonnent les automobilistes coincés dans leur voiture et que des citoyens du haut de leurs balcons agitent le fameux carré rouge, symbole du mouvement. L’augmentation de 75 % des frais de scolarité sur cinq ans ne passe tout simplement pas.

Le gouvernement du Québec, dirigé par le premier ministre Jean Charest, ne s’attendait pas à une telle résistance. Il croyait rééditer son coup de 2005, date de la précédente grève étudiante, et semer la discorde entre les associations étudiantes pour réussir à écarter des négociations la plus revendicatrice d’entre elles, la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (la Classe), et s’entendre avec les deux autres.


source: ginfis.canalblog.com

Mais cette stratégie a fait long feu. Des Québécois de toutes allégeances et de tous les milieux se sont levés pour appuyer les étudiants tandis que d’autres, soupçonneux de cette élite en devenir, réclament un rapide retour en classe.

Depuis, la situation pourrit.

Le gouvernement formé par le Parti libéral, dont l’histoire récente a été entachée de soupçons de malversation, de corruption et de complaisance envers de grandes entreprises étrangères (à qui l’on s’apprête à brader les ressources minières et forestières du Grand Nord québécois dans le cadre du “Plan Nord” engagé par le premier ministre), voyait, depuis des mois, les sondages montrer un taux d’insatisfaction à son égard dépassant les 70 %.


photo: Lord Eihwaz

Assuré de perdre les prochaines élections, prévues avant la fin 2013, il a sauté sur l’occasion pour tâcher de se relancer en faisant preuve d’une fermeté qu’on ne lui connaissait pas et en réprimant le mouvement de manière musclée.

Le premier ministre a refusé pendant dix semaines de négocier avec ceux qu’il appelle des “enfants rois” ne voulant pas payer leur “juste part”. Puis, à la onzième semaine du conflit, il a convoqué les leaders étudiants pour concocter un plan de sauvetage.

Mais ses offres ont été massivement rejetées par les assemblées générales étudiantes, à hauteur de 80 % de leurs membres. Ce sont maintenant les tribunaux qui se chargent de mettre de l’ordre.


photo: Robert Skinner

En apparence, du moins, puisque certains réclament auprès des juges des injonctions personnelles ordonnant aux directions des collèges et facultés d’offrir les cours auxquels ces étudiants “ont droit”, tandis que d’autres continuent de faire grève et les empêchent d’entrer. Droit individuel contre droits collectifs.

Ces injonctions prévoient de fortes amendes aux contrevenants et même des peines de prison. C’est donc escortés de policiers que certains étudiants se rendent à leurs cours, devant des professeurs médusés et contraints d’enseigner la démocratie à ceux qui la nient.

Pendant ce temps, les fractions les plus radicales du mouvement étudiant s’impatientent et commettent des actes qui les isolent. Quatre bombes fumigènes placées dans le métro ont paralysé la circulation à Montréal pendant deux heures le 10 mai. Tout de suite, de manière quasi miraculeuse, des photos de suspects ont été diffusées par la police et relayées par la presse. Des accusations de méfaits et de simulation d’acte de terrorisme seront déposées contre eux.


source: ssjbmauricie.qc.ca

Terrorisme. Le mot est lâché. Ce n’est pas rien. Comme disait Robert Charlebois : ” A soir, on fait peur au monde !”

Déjà, au début du conflit, le gouvernement libéral avait tenté de discréditer le mouvement de grève en parlant de boycott. Jamais, dans toute l’histoire du Québec, cela ne s’était produit.

Jamais on n’avait remis en question la légitimité des assemblées générales étudiantes. Jamais on n’avait voulu briser le lien qui unit les étudiants et les étudiantes d’un même collège, d’une même université, et cet exercice démocratique qui en est l’expression.


source: milieetgex.blogspot.ca

C’est cette négation de la démocratie étudiante qui a envenimé un conflit qui s’étend maintenant bien au-delà de la stricte augmentation des frais de scolarité. Car il apparaît qu’au Québec, la démocratie n’appartient qu’à ceux qui détiennent le pouvoir, et pas à ceux qui le contestent.

Ainsi ceux et celles qui refusent de livrer le Québec à la rapacité néolibérale ont joint leurs voix à celle des étudiants. Même des manifestations d’ampleur historique ne sont pas parvenues à ébranler le gouvernement, qui tentera bientôt de se poser en “sauveur de l’ordre” en maîtrisant, par la force s’il le faut, ce chaos social dont il est en grande partie responsable.

Et voilà le Québec déchiré en deux. Nous en avions l’habitude, depuis près de quarante ans. Mais cette déchirure avait plutôt pour cause ce qu’il est convenu d’appeler “la question nationale “, entre défenseurs de l’unité canadienne et partisans de l’indépendance du Québec. Ce débat nous a fait oublier que nous pouvions nous battre pour autre chose.


source: radio-canada.ca

C’est que le Québec n’a jamais vécu de véritable révolution. Il en avait fait l’économie. Au Québec, semblait suffire une “révolution tranquille”, comme on en est venu à désigner la période de modernisation accélérée qu’a connue la Province au cours des années 1960. Elle aurait suffi, si nous étions allés au bout de nos idées. La gratuité scolaire était d’ailleurs l’un des principaux objectifs affichés.

Mais ces idées ont été détournées. De l’éducation gratuite à la nationalisation de nos ressources naturelles, de ce filet de protection sociale à cette volonté d’égalité des chances, les Québécois ont vu les adeptes du néolibéralisme lentement mais sûrement désosser ce projet jusqu’à ce qu’il ne ressemble plus qu’à ces fameuses “enveloppes brunes ” employées pour distribuer des pots-de-vin, comme le laissent entendre de récents scandales qui lieraient le secteur du bâtiment au Parti libéral.


photo: (inconnu)

La grève étudiante se réglera, d’une manière ou d’une autre, sans doute au détriment de ceux qui se sont le plus investis dans ce mouvement historique. Mais même si les étudiants retournent bientôt en classe, ils auront suffisamment secoué le cocotier québécois pour que, dans les années à venir, les choses ne soient plus tout à fait pareilles. Des politiques injustes n’en restent pas moins injustes parce que les gens “en ont assez”.

La colère s’est implantée dans de nombreux coeurs. Les étudiants, les médias, les responsables politiques, les voisins, les frères et les soeurs, tous ont dû prendre parti et afficher leurs couleurs. Voilà qui ne s’oubliera pas de sitôt. Les Québécois s’impatientent et réclament de pouvoir de nouveau discuter collectivement de leur avenir et de leurs valeurs, qui ne sont peut-être pas exactement celles du libre marché. Ça risque de brasser !

Jean Barbe est l’auteur de plusieurs romans, dont “Comment devenir un Ange” (Actes Sud Leméac, 2006), “Comment devenir un monstre” (Actes Sud, 2007) et “Le Travail de l’huître”, (Leméac, 2008).


Ces Québécois qui étudient ailleurs et ce qu’ils paient


source: jetudiela.wordpress.com

“Les frais sont de 0$/session et en plus chaque étudiant reçoit 3800$/session. Le seul critère c’est d’avoir plus de 18 ans. [ ] Ils ont aussi la possibilité de demander un prêt à un taux préférentiel (en plus).”


source: jetudiela.wordpress.com


source: jetudiela.wordpress.com



source: jetudiela.wordpress.com


source: jetudiela.wordpress.com

Ces étudiant(e)s Québécois participent à des programmes d’échange inter-universités et qui ne sont donc pas au Québec en ce moment. Ils désirent nous donner ici une idée des coûts des études universitaires qu’ils suivent dans les pays où ils étudient. Pour d’autres exemples, suivre le lien ci-dessous…

jetudiela.wordpress.com


Québec | le gouvernement apporte sa “solution” à la crise étudiante : la ministre de l’Education démissionne


caricature: Garnotte


“Le gouvernement doit respecter sa décision de geler les frais de scolarité.” (Jean Charest, 17 mars 1999)


Jean Charest, premier ministre du Québec depuis le 29 avril 2003

photo: Jacques Boissinot

Les administrateurs des établissements n’ont pas à porter le blâme du déficit budgétaire que connaissent présentement les universités. C’est principalement au gouvernement péquiste qu’incombe la tâche d’injecter de l’argent dans le système d’éducation, afin de régler notamment l’épineux problème du sous-financement du réseau universitaire.

Tel est le verdict qu’a rendu le chef du Parti Libéral du Québec, Jean Charest, lors d’une conférence organisée par le Comité libéral étudiant de l’Université Laval, le 17 mars [1999], au pavillon Charles-de-Koninck. [ ] “Le système d’éducation va de pair avec le développement économique, a lancé d’emblée Jean Charest. D’où l’importance que le gouvernement en place propose un plan d’action économique qui fera en sorte que le Québec rattrape le retard important qu’il a pris en matière d’éducation par rapport au reste de l’Amérique du Nord.”


caricature: Jean Isabelle

[ ] “Par rapport à la moyenne canadienne, les jeunes Québécois bénéficient de moins de ressources pour étudier. Dans 10 ou 15 ans, nous connaîtrons d’ailleurs les effets de cette situation déplorable lorsque les entreprises auront de la difficulté à recruter chez nous et se tourneront vers les étrangers pour combler les postes offerts parce qu’ils seront mieux préparés au marché du travail.”

Par ailleurs, le chef libéral a insisté sur la nécessité de créer une loi-cadre sur les frais de scolarité qui, selon lui, permettrait l’accessibilité à l’éducation pour tous, de même que le maintien des frais de scolarité à un seuil bas: “Le gouvernement doit respecter sa décision de geler les frais de scolarité. À cet égard, je lui demande de donner les moyens aux universités de respecter les engagements qu’il a pris sur cette question.” [ ]

source: http://www.scom.ulaval.ca/Au.fil.des.evenements/1999/03.25/charest.html


photo: Jean-Marie Villeneuve


Le Québec et la crise étudiante | un gouvernement dépassé par les événements


source: nsimard.blogspot.ca

par Robert Dutrisac
Le Devoir
12 mai 2012
sous le titre: “Un gouvernement dépassé par les événements”
les photographies ont été ajoutées au texte par citizen zoo

Dimanche dernier, après la victoire de François Hollande, TV5 organisait une table ronde avec des journalistes et commentateurs des quatre coins de la planète. De façon surprenante, plusieurs d’entre eux ont évoqué la crise étudiante au Québec pour établir un lien entre cette contestation et l’opposition aux mesures d’austérité imposées en Europe. Ce qui a commencé comme une simple grève contre la hausse des droits de scolarité est devenu un mouvement contre le néolibéralisme et pour la justice sociale. Pas étonnant que, dans ce contexte, le gouvernement libéral apparaisse dépassé par les événements.


source: leglobe.ca/blog

[ ] il n’en demeure pas moins que la question des droits de scolarité ne semble plus le seul enjeu de la crise actuelle. Dans une entrevue que trois représentants de la CLASSE, dont Gabriel Nadeau-Dubois, accordaient en anglais à RealNews, un site Internet d’information alternatif, le leader étudiant expliquait que l’enjeu de la grève, quand elle a débuté, était bel et bien la hausse des droits de scolarité. « Mais après quatre, cinq, six sept semaines de grève, […] il y a eu un bouillonnement d’idées. Cette conjonction de ces gens très nombreux qui n’ont rien à faire de leur vie, sauf de parler de politique, de participer à des actions et à des manifestations, ça crée un climat de changement social. »


source: martinpm.wordpress.com

Un organisateur de la CLASSE, Jérémie Bédard-Wien, l’exprimait autrement. « Après plus de deux mois de grève, ils [les étudiants] réalisent que les droits de scolarité, c’est la pointe de l’iceberg, l’iceberg néolibéral. » Pour lui, « il ne faut qu’une étincelle pour allumer un incendie ».

« Tout ce qui traîne se salit », conclut, pour sa part, Marc Parent, le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).


photo: Chantal Lévesque

Évidemment, on peut soutenir que la CLASSE est l’aile radicale du mouvement (bien qu’il y ait plus radicaux qu’elle, comme Force critique étudiante, un mouvement qui prend au mot les thèses de Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’UQAM). Mais il fallait entendre le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, reconnaître mardi qu’il avait « sous-estimé la détermination » de ses membres et se surprendre que la priorité des étudiants, ce n’est pas de sauver le trimestre, mais d’obtenir « quelque chose de tangible ».


photo: Ryan Remiorz

Au romantisme anarchiste de la CLASSE, Jean Charest oppose un pragmatisme comptable. Il ne faut toutefois pas croire que pendant ces 13 semaines le gouvernement Charest s’est tourné les pouces. Au contraire, il avait une stratégie, il a agi. Le problème, c’est que ses stratégies n’ont pas fonctionné, ses tactiques n’ont pas marché.


Madame Line Beauchamp (députée à l’Assemblée nationale du Québec, vice-première ministre du Québec ainsi que ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport en compagnie du premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest.

photo: Jacques Boissinot

Au début de la grève, le gouvernement n’a pas voulu reconnaître la légitimité des associations étudiantes. Il ne la reconnaît d’ailleurs aujourd’hui que du bout des lèvres. Se drapant dans le légalisme, il soutient toujours qu’il ne s’agit pas d’une grève mais d’un boycottage.

Puis, changement de stratégie, le gouvernement libéral a reconnu une certaine légitimité aux associations étudiantes. Mais il a tenté de créer une division en associant la CLASSE à la violence. À plusieurs reprises, Jean Charest a affirmé que son gouvernement ne s’assoira pas avec la CLASSE, ce qu’il a finalement fait.

Le gouvernement Charest a refusé pendant 11 semaines de négocier avec les associations étudiantes. Il a tenté de régler le conflit en proposant des améliorations au régime de prêts et bourses sans parler aux étudiants.


photo: (inconnu)

Par ailleurs, le gouvernement a misé sur les injonctions pour briser le mouvement de grève.

Les médias ont révélé d’ailleurs que, parmi les premiers étudiants à demander des injonctions il y a un mois et demi, figuraient des militants libéraux. Puis, il y a un mois, Line Beauchamp tentait un coup de force en obligeant les cégeps et les universités à ouvrir leurs portes. Le cégep de Valleyfield devait servir d’exemple. Ce fut un échec.


photo: Francois Thiffault

Enfin, il y a eu cette négociation de la dernière chance, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne fut pas concluante. Tant Line Beauchamp que Jean Charest ont commis l’erreur de minimiser la portée de l’entente avant que les étudiants ne votent. Le gouvernement semble miser à nouveau sur les injonctions, qui seraient aujourd’hui mieux formulées pour en forcer le respect.

Si les étudiants en grève, notamment les cégépiens, perdent leur session, c’est le gouvernement qui sera à blâmer ; c’est du moins ce que l’opinion publique croit, si on se fie aux sondages. En définitive, il y a un responsable, et c’est le gouvernement.


photo: Jean-Marie Villeneuve

photo: Jean-Marie Villeneuve

Mais Jean Charest est le premier à reconnaître qu’un gouvernement peut faire des erreurs. Parfois, le gouvernement ne sait même pas ce qu’il fait. Dans son autobiographie, le chef libéral écrit : « Je dis souvent qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des gouvernements de se tromper. […] S’il y a une chose qui me fait frémir, c’est quand j’entends des gens dire : « Après tout, c’est le gouvernement ; ils doivent savoir ce qu’ils font. » Il ne faut jamais présumer qu’ils savent ce qu’ils font. »

Rappelons donc cette parole d’Évangile : « Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » C’est ce que bien des électeurs libéraux se diront bientôt avant de voter.


Le gouvernement du Québec attend-il qu’il y ait des morts avant de solutionner le conflit étudiant ?


Francis Grenier, étudiant gravement blessé par une grenade assourdissante lancée par un policier qui aurait explosé tout près de son visage. Le choc a été violent et le sang a giclé.

Deux mois plus tard, il ne distingue que des taches et des couleurs. «Je ne peux pas lire plus de quelques lignes avant d’avoir des maux de tête, dit-il. Une page et j’ai des nausées.» Le jeune homme, qui souhaite devenir artiste visuel, craint de devoir abandonner son rêve.

source: httpfiles.gestionradioqc.com
texte adapté de lapresse.ca

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“Bâton cinétique”, communément appelé “balle de caoutchouc”

source: lapresse.ca


Une étudiante, Dominique Laliberté, vient d’être blessée par un bâton cinétique lancé par un policier.

photo: (inconnu)


Dominique Laliberté (et son ami Pierre Léveillé), attend des secours qui seront longs à venir.

photo: Carl Lapriz


source: YouTube

Une vidéo montrant la longue attente avant que Dominique Laliberté reçoive des soins.


Résultats de l’impact du bâton cinétique: une multiple fracture de la mâchoire et plusieurs dents perdues. L’étudiante a subi une intervention chirurgicale afin de lui fixer des plaques et des vis sur la zone blessée. Elle devra aussi se faire poser des implants dentaires afin de remplacer les dents qu’elle a perdues. Une facture de 10 000 $ au bas mot.

photo: Patrice Laroche
texte adapté de lapresse.ca

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Alexandre Allard a subi un traumatisme crânien léger, une fracture au visage, une fracture au crâne et une contusion cérébrale. Suite à ces blessures, il a été entre la vie et la mort pendant les heures qui ont suivi l’incident.
Il n’est pas encore possible à ce jour de connaître la nature exacte du projectile qu’il a reçu à la tête. Il pourrait s’agir d’une boule de billard, d’un morceau d’asphalte ou d’une balle de caoutchouc lancée par un policier.

photo: Marie-Eve Doré
texte adapté de flutrackers.com

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Maxence L. Valade, un étudiant qui, après avoir été atteint d’un projectile, s’est retrouvé avec des fractures importantes aux os du visage et au crâne, une commotion cérébrale et un hématome, en plus d’avoir perdu l’usage d’un oeil.
Maxence est ici traité par les ambulanciers avant son transport à l’hôpital.

photo: Michel Desbiens
texte adapté de lapresse.ca


Manifestations contre la hausse des frais de scolarité universitaire | le Québec et ses étudiants éclopés

source: YouTube
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Gabrielle Duchaine
La Presse

(extrait de l’article paru sous le titre: “Le conflit étudiant a fait des centaines d’éclopés”)
la vidéo a été ajoutée par citizen zoo

En trois mois, la grève étudiante aurait fait plusieurs centaines d’éclopés. Si la plupart n’ont subi que des ecchymoses, des éraflures ou des irritations aux yeux, certains garderont à jamais des séquelles du conflit.

«Je n’ai jamais vu autant de blessés dans un mouvement de contestation au Québec», affirme l’avocat Alain Arsenault, spécialiste des cas de brutalité policière.

Bien que le bilan des blessés soit imprécis, il reste particulièrement lourd. Une équipe d’infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions seulement lors de l’émeute de Victoriaville, vendredi soir, dont près de 200 pour traiter des gens incommodés par les gaz. La Sûreté du Québec dénombre pour sa part 12 blessés graves, 6 dans son camp et 6 dans celui des manifestants, dont 4 ont été hospitalisés. Parmi ceux-ci: Maxence Valade, 20 ans, élève au cégep de Saint-Laurent, qui a perdu l’usage d’un oeil et subi une opération de huit heures après avoir reçu un projectile au visage, et Alexandre Allard, 20 ans, étudiant à l’Université Laval, dont on a craint pour la vie à la suite d’un traumatisme crânien causé par un projectile.

photo: Édouard Plante-Fréchette

«Ce que j’ai vu était horrifiant», dit l’infirmière Sophie Vallée-Desbiens, 32 ans, membre du groupe Infirmières contre la hausse, visiblement secouée de son week-end militant. «J’ai travaillé aux urgences et en Afrique et, en huit ans de carrière, je n’ai jamais vu chose pareille.» Son équipe d’une dizaine de premiers répondants et elle ont traité des centaines de personnes durant les trois heures de l’émeute. S’ils ont vu beaucoup de cas de brûlures aux yeux et à la peau à cause du gaz poivre et aidé de nombreux manifestants en panique, ils ont aussi secouru des gens qui ont eu les dents fracassées par des projectiles et d’autres qui s’étaient foulé une cheville, voire fracturé une jambe, en essayant de se sauver du chaos.

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