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source: YouTube


Le prix de l’information


photo: Patrick Baz

Le 8 avril 2003, à l’Hôtel Palestine de Baghdad (Irak). Un photographe était là…


La guerre des mondes


photo: (inconnu)

«Les structures auxquelles je m’attaque sont des opposants de taille, mais je ne peux échapper au son de la souffrance. Quand je serai vieux, je trouverai peut-être du confort dans un labo, à discuter doucement avec des étudiants, durant une belle soirée d’été, et j’accepterai la souffrance avec insouciance. Mais pas maintenant. Les hommes au zénith de leur vie, s’ils ont des convictions, se doivent d’agir.»

Julian Assange, fondateur de WikiLeaks


“War logs”: la traque U.S. de Wikileaks/Assange


source: Twitter

A barrage of cyber-attacks forced EveryDNS.net withdrew its service to Wikileaks. Wikileaks registered in Switzerland and was back online within hours. EveryDNS.net is an American company that provides domain names for about 500,000 websites.

source: timesofindia.indiatimes.com

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They seek it here, they seek it there, the Americans seek it everywhere, wanting to finish off the website that’s put the diplomatic world in a fearful scare. But like the damned, elusive Scarlet Pimpernel, the whistleblower website keeps surfacing in a new place every few hours after it is ousted from a host, a transparent heaven to some, a ratting hell to others.

While much of the world’s political and diplomatic community is being tortured by the drip-drip-drip of cable leaks from the website, the US is haring after the site in a cat-and-mouse game even as the leaks claimed its first prominent victim on Friday. An aide to the German foreign minister Guido Westerwelle was sacked after it transpired he was the source of some information contained in a leaked cable.

source: timesofindia.indiatimes.com

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photo: Toru Hanai

Serveurs et hébergement

Pour fonctionner, un site Internet a besoin de l’équivalent d’un ou de plusieurs gros disques durs pour pouvoir enregistrer ses données : codes, textes, images, vidéos… Ces disques durs sont appelés “serveurs”. Ces derniers se louent auprès d’hébergeurs, qui abritent jusqu’à plusieurs milliers de serveurs dans des grandes salles nommées “data centers”. Les data centers d’OVH sont situés principalement à Roubaix.

Toutes les pages d’un site n’ont pas forcément besoin d’être abritées par un seul et unique hébergeur, même s’il s’agit de la pratique la plus courante. De même, ce n’est pas parce qu’un site est français qu’il doit obligatoirement être hébergé en France. Chaque internaute est libre d’utiliser les services d’un hébergeur étranger.

source: lemonde.fr

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En France…

La société roubaisienne OVH n’héberge pas la totalité des serveurs de WikiLeaks. D’après ZDNet, ces derniers se partageraient entre la France, la Suède et les Etats-Unis. Plus précisément, la société suédoise Bahnhof a confirmé à ZDNet qu’elle hébergeait deux serveurs de WikiLeaks. “Nous leur fournissons uniquement des ressources et n’avons aucun contrôle sur leur contenu ou la façon dont ils gèrent leur trafic”, a précisé la porte-parole de l’hébergeur. Toujours selon le site spécialisé, Bahnhof héberge la page Collateralmurder.com, qui contient la vidéo d’un hélicoptère de l’armée américaine tirant sur des civils irakiens.

OVH héberge, quant à lui, les pages WikiLeaks.ch et Cablegate.wikileaks.org, qui contient les fameux câbles diplomatiques. Les pages des War Logs (carnets de guerre) d’Irak et d’Afghanistan seraient hébergées aux Etats-Unis par le Massachusetts Institute of Technology, selon ZDNet, qui n’a pas encore pu avoir confirmation officielle de la part de celui-ci. Les pages en question sont actuellement sous le coup d’une cyber-attaque.

En parallèle, des groupes d’internautes à travers le monde se sont mobilisés pour héberger sur leurs propres serveurs des “sites-miroirs” de WikiLeaks, c’est-à-dire la copie exacte du site original. Plusieurs de ces initiatives proviennent de France, comme pour le miroir Wikileaks.fdn.fr.



WikiLeaks et quotidiens collaborent


source: Reuters

Plutôt que de tout mettre en ligne comme à leur habitude, les responsables de WikiLeaks ont accepté de se conformer aux «règles du jeu» fixées par les grands journaux qui diffusent, depuis quelques jours, les détails marquants des 250 000 télégrammes diplomatiques américains obtenus par l’organisation.

«Ils savaient qu’ils ne pouvaient rien faire eux-mêmes avec les documents, qu’ils ne pouvaient pas simplement les mettre sur leur site. Ils auraient eu des morts sur la conscience», a expliqué hier Rémi Ourdan, journaliste du Monde chargé de superviser le traitement des télégrammes au prestigieux quotidien français.

Le Monde et quatre autres grands journaux avec lesquels WikiLeaks fait affaire ont obtenu que l’information dont la diffusion pouvait mettre certaines personnes en danger soit retirée des documents publiés.


source: AFP

Ils ont aussi établi que WikiLeaks ne révélerait que le contenu des télégrammes qui serviraient directement de base à leurs articles, à mesure que ceux-ci seraient diffusés.

C’est ce qui explique que seule une poignée des 250 000 télégrammes ait été dévoilée jusqu’à maintenant, contrairement à ce que laissent entendre plusieurs comptes rendus médiatiques, note M. Ourdan.

La publication des articles devrait durer encore «plusieurs jours», souligne sans plus de précision le représentant du Monde, qui insiste sur le caractère exceptionnel de l’exercice journalistique mené pour en arriver là.

«Ça fait 20 ans que je fais ce métier et je n’ai jamais rien vu de tel. Il y a eu un partage d’information incroyable», relate-t-il.


source: AP

120 journalistes

Environ 120 journalistes, dont une vingtaine du Monde, ont étudié les documents pendant «plusieurs semaines» pour en extraire les données importantes et écarter les renseignements peu sérieux tout en veillant, au besoin, à en protéger les sources, souligne M. Ourdan.

Le Monde, qui a pris grand soin d’expliquer longuement sa démarche dans son numéro d’hier, a insisté sur le fait qu’il relevait de sa mission de prendre connaissance et d’analyser «avec responsabilité» les documents de WikiLeaks.

L’annonce de la divulgation du contenu des télégrammes diplomatiques américains a néanmoins suscité une véritable levée de boucliers dans la classe politique française, tant à gauche qu’à droite.


source: AFP

Le porte-parole du gouvernement, François Baroin, a déclaré que les actions de Wikileaks portent atteinte «à l’autorité des États» et «mettent en danger des hommes et des femmes qui travaillent à la sécurité de leur pays».

Les médias français se montrent aussi, en large majorité, des plus critiques. Le Figaro, dans un éditorial paru hier, dénonce la «tyrannie de la transparence» imposée par Wikileaks, faisant écho aux propos du gouvernement.


source: CBS

Discours «hypocrite»?

M. Ourdan note que le Figaro est assez «hypocrite» puisque, dans sa livraison d’hier, il critique durement WikiLeaks en éditorial et en première page, mais reprend largement les révélations du Monde dans ses pages intérieures.

Une large part des réactions négatives que l’on entend en France repose sur l’idée que les 250 000 télégrammes émanant du réseau diplomatique américain viennent d’être diffusés en ligne sans autre considération, ce qui n’est pas le cas, répète-t-il.

«Je pense que, après quelques jours, l’attention accordée au côté «pirate» de WikiLeaks va s’estomper et que les gens vont voir que ce qui est important, c’est le traitement fait par les journaux», souligne le journaliste du Monde.

Marc Thibodeau
La Presse

site: WikiLeaks


Julian Assange | l’homme par qui vit la vérité


photo: Mark Chew

Julian Assange est l’homme qui se cache derrière WikiLeaks, le site qui a rendu publics les 92 000 rapports de mission sur la guerre en Afghanistan [cette information fait, ce 26 juillet, la une du New York Times, du Guardian et du Spiegel]. C’est lui qui a fondé l’autoproclamé “service de renseignement du peuple”, qui a publié plus d’un million de documents confidentiels, d’informations militaires top secret jusqu’au courrier électronique piraté de Sarah Palin.


photo: Mark Chew

Lancé début 2007, avec pour mission de changer le monde en abolissant le secret officiel, le site a diffusé les SMS des personnes qui allaient périr dans les attentats du 11 septembre 2001, les échanges controversés entre les scientifiques spécialisés dans le changement climatique à l’université d’East Anglia et la vidéo dite du “meurtre collatéral” montrant des soldats américains en train de tuer des civils non armés à Bagdad. A la pointe du journalisme numérique, il peut revendiquer “plus de scoops en trois ans d’existence que le Washington Post en trente”, si l’on en croit le gourou d’Internet Clay Shirky.

A la différence des médias traditionnels, WikiLeaks a jusqu’ici échappé à la censure en s’installant en Suède, pays où des lois très strictes protègent les personnes qui dénoncent les abus. Ainsi, les documents relatifs aux activités du courtier en pétrole Trafigura [condamné dans l’affaire des déchets toxiques du Probo-Koala, en Côte d’Ivoire], que The Guardian s’est vu empêcher de publier, ont fini peu après sur WikiLeaks.


photo: Mark Chew

Non que les gouvernements et les grandes entreprises n’aient pas tenté de fermer le site – Assange assure avoir remporté plus de 100 procès intentés contre WikiLeaks depuis son lancement. “Pour repousser ces attaques et pour garantir la sécurité de nos sources, nous avons dû disséminer nos biens, tout crypter et déplacer souvent les systèmes de télécommunications et notre personnel un peu partout dans le monde”, confie-t-il.

Cet Australien à la voix douce, aux cheveux blancs en bataille, est un homme discret. Il n’évoque jamais son parcours – il est né en 1971, a grandi à Melbourne et a été condamné pour piratage informatique quand il était adolescent – et on ne sait pas où il habite. Il se réfugierait volontiers au Kenya, en Suède ou en Islande.


photo: Mark Chew

Assange a dû se cacher, il y a quelques mois, après l’arrestation d’un analyste de renseignement américain ayant affirmé avoir envoyé sur son site 260 000 télégrammes incendiaires du département d’Etat à propos des guerres d’Irak et d’Afghanistan. WikiLeaks assure que ses fondateurs comprennent des dissidents chinois, des hackers, des programmeurs informatiques et des journalistes, mais Assange en reste l’élément moteur. Son site a remporté le prestigieux prix Amnesty Media pour avoir révélé les centaines de meurtres qu’aurait commis la police kényane. Aujourd’hui, il aide des députés islandais à établir un bastion de la liberté de la presse dans le monde.

Les Etats et les grandes entreprises ne sont pas seuls à attaquer ce site. D’aucuns lui reprochent de manquer de discernement et de n’être soumis à aucun contrôle. Ce à quoi Assange répond : “Quand les Etats cesseront de torturer et de tuer des gens, et quand les grandes entreprises cesseront de violer les lois, alors peut-être pourra-t-on se poser la question de savoir si les militants de la liberté d’expression doivent rendre des comptes.

source du texte: courrierinternational.com / 26.07.2010 / traduit de guardian.co.uk

site: WikiLeaks

Mise à jour:

WikiLeaks divulgue cette fois 251 287 communications échangées entre 270 antennes diplomatiques américaines et le département d’État à Washington. Elles sont rendues publiques durant toute la première semaine de décembre 2010.