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politique

Voter au féminin en Égypte

Egypte
photo: (inconnu)

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Il ne faut tout-de-même pas oublier qu’il nous a bien fait rigoler !


photo: Patrick Hertzog


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


source: CBS


caricature: Large


montage photographique: (inconnu)


Conférence de presse


photo: (inconnu)


Iossif Vissarionovitch Djougachvili, dit Joseph Staline


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


Monsieur Charest, je vous aime

un texte de Nathalie Ragheb
publié le le 23 mai 2012 sur “Des mots et des choses”

Aujourd’hui, c’est devenu évident. Je ne peux plus faire semblant.

En revenant du boulot tout à l’heure, j’ai croisé plein de petits groupes de gens qui faisaient un vacarme épouvantable avec des casseroles. Ça m’a décroché un large sourire. Des jeunes, des moins jeunes, des enfants, tous à leurs casseroles jusqu’au parvis de l’église à côté de chez moi. Je vous dois le plaisir de ce tintamarre et de l’esprit de communauté qui réchauffe le cœur.

Je vous aime, parce que je vous trouve vraiment fort de tenir tête aux étudiants sans broncher, en gardant votre cool comme si de rien n’était. C’est bon pour eux. Comme Ministre de la Jeunesse, vous avez réussi à les mobiliser et à les intéresser à la politique. Vraiment, trop fort. Il y avait si longtemps qu’on la déplorait, vous avez secoué leur apathie et prouvé qu’un politicien peut rejoindre la jeunesse. Vous êtes brillant.

Je vous aime parce que, grâce à vous, ma ville a lancé la saison des festivals beaucoup plus tôt que de coutume. Nous avons eu droit à des marées humaines, des foules joyeuses et unies, pleines de couleurs et de sons, rassemblant des gens de tout âge, de toute origine, de toute appartenance socio-économique. Les automobilistes sourient même aux piétons, et vice versa. Vous êtes un grand rassembleur.


source: nragheb.wordpress.com

Je vous aime parce que vous avez su donner des rôles de choix aux femmes dans votre caucus et faire la preuve qu’il y a de la place pour les femmes aux plus hautes instances du pouvoir. Vous êtes même allé jusqu’à vous effacer pour qu’elles puissent rayonner de tous leurs feux. Votre façon de lutter contre la discrimination, par l’exemple, est admirable. Vous incarnez le grand principe de l’égalité des sexes.

Je vous aime pour tout ce que vous faites pour la culture. Non seulement stimulez-vous l’économie avec votre Plan Nord, vous stimulez les artistes, acteurs, musiciens, écrivains, à prendre position et à prêter leurs noms à une cause. Bien plus, vous inspirez des chansons, des poèmes, des illustrations, des montages, dont l’ingéniosité est si réjouissante qu’on pourrait passer des heures à s’y baigner. Vous êtes la muse de tant de personnes talentueuses que je rougis d’oser vous avouer mon amour.

Je vous aime parce que vous avez réussi le coup de force de nous sortir du petit débat sur la hausse des frais de scolarité pour l’élargir à la question du sens même de la démocratie. Vous avez ouvert les échanges sur des sujets aussi divers que la pertinence de nos institutions académiques, judiciaires, policières, gouvernementales, la qualité de nos médias et la valeur réelle des sondages d’opinion. Il y avait longtemps qu’on n’avait lu autant de textes intelligents, argumentés, structurés. On avait même oublié l’importance de la pensée critique dans une société. Vous l’avez remise à l’avant-plan et avez redonné aux intellectuels, universitaires ou de salon, leurs lettres de noblesse. Vous êtes un grand debater et votre courage est sans limites.

Je vous aime parce que le mouvement dont vous êtes l’instigateur a des échos à travers le monde. Il fait partout l’envie de ceux qui ont à cœur l’équité, la justice, la démocratie et le bien commun. Vous avez réussi à attirer l’attention de la planète sur le Québec et contribué à donner espoir aux mouvements de contestation de l’idéologie néolibérale qui s’agitent en Occident. Vous êtes un grand bâtisseur.

Je vous aime parce que vous avez su rester humble, malgré toutes ces réalisations. Jamais vous ne courez au devant des caméras pour prendre le mérite de tout ce que vous faites. Jamais vous ne cherchez à voler la vedette à vos ministres. Cette humilité est si touchante, que je rougis encore de mon effronterie.

Au Téléjournal, je vous ai vu travailler à rebâtir le parti progressiste conservateur, tout seul après sa grande débâcle – qu’aucun sondeur de l’époque n’avait prédite. Je vous ai ensuite vu arriver en grande pompe à l’assemblée nationale pour la lutte des titans avec Lucien Bouchard. Après avoir assisté à l’échec du référendum de 1995, je n’osais plus regarder le Téléjournal tant je craignais de tomber sur un reportage vous concernant. Depuis votre entrée au pouvoir en 2003, ce sont tous les médias que j’évitais.

Je comprends maintenant que c’est à cause de l’émotion que j’avais peur d’éprouver en voyant des images de vous. Je ne vous remercierai jamais assez, Monsieur Charest, d’avoir insisté pour vous rappeler à mon attention. Comme disait Michel Rivard à la grande manifestation du 22 mai, je m’étais endormie sur mes rêves. Vous m’avez réveillée.

D’ailleurs, je me suis interrompue en vous écrivant, pour aller faire un tour à la manifestation de casseroles que j’entendais passer sur la rue d’à côté. J’ai dit bonjour à mes voisins, salué la centaine de manifestants; ça fait beaucoup de bien, vous savez, tout ce que vous faites. Ça crée un sentiment d’appartenance, ça redonne envie de croire en quelque chose de mieux.

Pardonnez mon impertinence, Monsieur Charest. J’avais perdu l’habitude de sortir de ma réserve, de réfléchir sur des questions qui avaient du sens, d’écrire. Je vous semble peut-être malhabile et inconvenante, mais il fallait que je vous le dise. Je vous aime.

source: nragheb.wordpress.com


Quand le Québec fait la une de Libération


source: liberation.fr


source: liberation.fr


source: liberation.fr


Sarkozy & Charest : copain-copain


source: AFP


De la jeunesse et la répression… | un témoignage troublant


photo: Robert Skinner

Témoignage écrit par Xi Sophie Zhang :

“À plusieurs reprises, les gens ont témoigné sur la brutalité policière et la couverture biaisée des médias. J’y ai toujours cru, mais hier soir, j’en ai eu la preuve incontestable.

Entre 21h et 1h, assise avec une camarade de classe, mon chum et quatre amis dans le café L’Escalier qui fait face au parc Émilie-Gamelin, nous avons été témoins d’une scène terrifiante!!!!!!!!

À travers les fenêtres, nous observions le jeu du chat et de la souris décrit dans les médias : des manifestants s’enfuyant au son des bombes assourdissantes et sur leurs pas, les policiers, des anti-émeutes et la Sûreté du Québec. Alors qu’on prenait une bière en dansant la salsa, l’air s’est épaissi plus d’une fois de poivre de cayenne, faisant tousser soudainement tous les clients du café.

Puis, un silence horrifié autour de la table. 1ère scène sur le trottoir du parc. Un manifestant s’enfuit vers le métro. Des policiers le pourchassent. Un 1er agent à vélo le renverse en pleine course. Un 2è lui rentre dedans avec son vélo. Les autres lui sautent dessus et l’arrêtent de la façon la plus brutale imaginable. 2è scène sur le même trottoir. Un autre manifestant en fuite. Un agent arrive derrière lui. BANG, coup de matraque derrière le cou. Il chute brutalement. Un 2è agent soulève son vélo au-dessus de l’homme qui gît maintenant à terre. PAF PAF PAF. Des coups de bicyclette sur le corps immobile.

Une demie heure plus tard, il y a toujours 10 policiers qui l’encerclent. Tout le monde dans le café se demande « pourquoi est-il encore sur le sol? ». Les agents ont l’air nerveux. Ils demandent à un journaliste de ranger sa caméra. Des passants s’approchent, mais restent en périphérie de la scène. Un policier particulièrement enragé leur crie de dégager et les pousse avec force. Il fait presque tomber à la renverse 2 ou 3 observateurs. C’est de la pure provocation.

Les minutes passent. Le 2è manifestant arrêté est toujours couché. Les observateurs se font de plus en plus nombreux. Finalement, l’ambulance arrive et on comprend. Ils l’ont sévèrement blessé. On voit les paramédicaux lui mettre un collier cervical et l’emporter sur une civière. La foule rage. Une fille s’approche des policiers, crie, pointe, leur montre le doigt. Du café, on n’entend pas ses mots, mais on voit son émotion. On se demande si elle est amie ou parente du blessé et on se dit qu’on réagirait exactement comme elle si ça nous arrivait.

La salsa est finie. On sort du café et on s’approche du lieu de l’incident. Des flaques de sang sur le trottoir où l’homme a été abattu. Notre groupe d’amis, loin d’être tous des carrés rouges, frissonne de peur et de dégoût. L’une d’entre nous a des larmes aux yeux. Ça donne mal au coeur. On se demande tous comment la manifestation sera rapportée dans les médias le lendemain.

Sans grande surprise, ce matin je lis dans La Presse : « Dans le chaos, ce ne sont pas moins de 305 personnes qui ont été arrêtées et une dizaine blessées, dont une gravement. Il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années qui a été blessé à la tête alors qu’il était appréhendé au square Berri. Les policiers venaient de se faire attaquer lorsqu’ils ont chargé, selon un porte-parole. » Dans le Devoir : « On rapporte pour hier un blessé grave à la tête, mais on ne craindrait pas pour la vie du manifestant. » À Radio-Canada : rien sur l’incident en question.

C’est tout. Les policiers ont été provoqués. Le gars ne va pas mourir. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais des questions restent sans réponse. Pourquoi arrêter les manifestants (dont la « violence » se résume, 99,9% du temps, à du vandalisme et des altercations avec les policiers, et non à de la vraie violence envers les personnes) en utilisant une force qui pourrait tuer ou rendre paraplégique? Pourquoi frapper sur une personne déjà à terre? Pourquoi agresser les observateurs qui ne dérangent pas, à moins d’avoir quelque chose à cacher? Et surtout, pourquoi dans la presse ne parle-t-on jamais des motifs et du déroulement des arrestations, seulement de la casse qui “justifie” la brutalité?”

source: Facebook / Karine Bériault

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“Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

François Mitterrand
Discours à l’Assemblée nationale, 8 mai 1968