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temps

Tiempo


photo: Belén Villanueva

“Para el que hoy lo mira y sonríe,
y alimenta otros sueños y comprende
que también pasarán los de este día,
y aún contempla la tarde que se escapa,
y en ella percibe, durante un solo instante,
esa extraña grandeza
que al pasar pone el tiempo en las cosas pequeñas…”

V.G.


Le temps qui passe


1982


1987


1992


1997


2002


2007


2012

photos: courtoisie de John Wardlaw

Cinq copains photographiés sur la même plage à Copco Lake (Californie), à cinq années d’intervalle, de 1982 à 2012. Et ils comptent continuer ce rituel jusqu’à leur mort.

Toujours de gauche à droite: John Wardlaw, Mark Rumer, Dallas Burney, John Molony et John Dickson.

L’histoire (en anglais) de cette amitié sur CNN


La spirale du temps


photo: (inconnu)

“Le temps passe. Et chaque fois qu’il y a du temps qui passe, il y a quelque chose qui s’efface.”
Jules Romain


La métaphysique du temps qui fuit


source: dizorb.com


Vous avez l’heure?


photo: (inconnu)


L’heure qui change


photo: (inconnu)

Pourquoi change-t-on l’heure?

À l’origine, on a implanté cette mesure pour économiser l’énergie. Il va de soi qu’en retardant d’une heure le coucher du soleil, on retarde d’autant l’utilisation de l’éclairage artificiel de nos maisons. En avançant l’heure, on fait donc un usage maximal de la lumière naturelle du jour, par conséquent on diminue la consommation de l’électricité employée pour s’éclairer. D’autre part, la clarté du jour étant propice aux activités extérieures, plus il fera clair tard, plus on retardera l’usage de la télé, de l’ordinateur, des jeux vidéos.

Au-delà de ces considérations économiques, d’autres raisons sont évoquées par les tenants de cette pratique. Ainsi, on prétend que retarder d’une heure le coucher du soleil contribue à sauver des vies sur la route, car les gens revenant du bureau ou de l’école le font à la clarté du jour. On a aussi avancé comme argument une diminution de la criminalité, les malfrats de tout acabit préférant perpétrer leurs méfaits dans l’obscurité.


photo: (inconnu)

Horloge de l’Observatoire royal de Greenwich (Londres, Angleterre)

Mais tous ne sont pas d’accord avec ces interprétations. Des chercheurs prétendent qu’avancer l’heure au printemps provoque les mêmes effets néfastes qu’un décalage horaire, particulièrement chez les personnes souffrant de troubles du sommeil. Un certain Stanley Coren, chercheur américain, affirme même avoir constaté une augmentation de 7 à 8% des accidents de la route lorsqu’on change l’heure au printemps. Il attribue cette situation à une baisse du jugement et de l’attention causée par la modification des heures de sommeil.

En Europe, des voix fortes réclament carrément l’abandon de cette mesure, prétextant que les avantages qu’on en retire ne sont pas assez importants pour compenser les inconvénients ressentis par la population. On affirme notamment que l’heure gagnée le soir entraîne un coucher plus tardif, grignotant du même coup le temps de sommeil nécessaire à notre santé. On prétend également que les calculs démontrant les économies d’énergie ont été effectués avant la crise du pétrole, ils ne seraient donc plus valables dans le contexte actuel.


photo: Scott A. Marlin

Une idée qui a fait bien du chemin…

On doit à Benjamin Franklin cette idée de tricher un brin avec le temps. Bien qu’elle n’eut aucune suite à l’époque où il l’a lancée -comment pouvait-on imaginer, en 1784, se permettre une telle chose?- la graine était plantée. Les horloges poursuivirent leur course pendant plus d’un siècle avant que l’idée soit reprise en 1907 par William Willet, un constructeur londonien. L’homme déplorait le gaspillage fait de la lumière du jour. Il proposa donc d’avancer les horloges de 20 minutes à chacun des dimanches d’avril et de procéder ensuite à l’inverse durant le mois de septembre. Faute de récolter l’appui des fermiers, (il n’était pas question de bouleverser l’horaire habituel des vaches!), Willet mourut en 1915 sans avoir vu son souhait se réaliser.


création (extrait): Sam Rohn

Or, le déclenchement de la première guerre mondiale change complètement la donne. L’importance d’économiser l’énergie, plus spécifiquement le charbon, passe soudainement avant les intérêts particuliers des fermiers. On décide donc, dans l’Angleterre de 1916, d’avancer montres et horloges d’une heure, geste rapidement imité outre-mer par les États-Unis. Quant au Canada, il fait sa première expérience de l’heure avancée en 1918, mesure qui sera abandonnée dès l’année suivante.

À la fin de la guerre, l’administration américaine tente de maintenir l’heure d’été mais en vain. La pratique cesse, victime de la grogne populaire s’élevant des campagnes. Là aussi les vaches subissent à la dure le décalage horaire. On laisse toutefois à la discrétion de chaque localité le choix de continuer d’appliquer ou non l’heure d’été.

Lors de la seconde guerre mondiale, non seulement on remet en place l’heure avancée aux États-Unis mais on s’en permet encore davantage en avançant les horloges de deux heures durant l’été et d’une heure durant l’hiver. Le Québec et l’Ontario adoptent la même pratique dès 1940 et ne sont imités que deux ans plus tard par le reste du Canada. Au terme du conflit, en 1945, les Américains laissent à nouveau aux autorités locales le choix de tricher ou non avec le temps.


photo: (inconnu)

En 1966, dans un geste visant à faciliter les communications de plus en plus nombreuses, on uniformise les dates du début et de la fin de l’heure avancée dans un acte officiel : le Uniform Time Act of 1966. L’acte stipule que l’heure avancée doit débuter non pas à minuit et une minute mais à 2h le dernier dimanche d’avril et se terminer à la même heure le dernier dimanche d’octobre. Sans obliger les états à se plier à cette pratique, on exige toutefois de ceux qui le font une certaine uniformité. Le Canada harmonise son rythme à celui des États-Unis.

C’est finalement sous l’administration Reagan, en 1986, que l’on met la dernière touche à la marche que doivent suivre ceux qui adoptent l’heure avancée en Amérique du nord. On établit alors la date officielle du changement d’heure au premier dimanche d’avril au lieu du dernier. Les autorités américaines ont évalué que cette simple modification permettrait de sauver 300 000 barils de pétrole supplémentaires chaque année.


création: Harc Lee

Une mesure adoptée par plusieurs pays.

Quelque 70 pays, en tout ou en partie, avancent l’heure pendant une certaine période de l’année. Dans l’hémisphère sud, là où c’est l’été pendant notre hiver, on observe l’heure avancée du mois d’octobre au mois de mars. En Europe, le changement se fait le dernier dimanche de mars. En Russie, les horloges sont avancées de deux heures durant l’été et reculées d’une heure durant l’hiver.

Un coup d’oeil au Moyen-Orient nous montre que la Jordanie est à l’heure avancée à l’année. Israël utilise pour sa part l’heure d’été mais les dates de son application sont déterminées tous les ans. Enfin, par souci d’indépendance, les autorités palestiniennes se font un point d’honneur de toujours utiliser un horaire différent de celui d’Israël.


photo: badboy69

Au Canada, seule la Saskatchewan préfère conserver l’heure normale toute l’année. Aux États-Unis, l’Arizona, Hawaii et une partie de l’Indiana ont aussi opté pour l’heure normale en tout temps. Il s’agit principalement d’endroits très agricoles, ou trop près de l’équateur pour en retirer un quelconque bénéfice.

En mai 2001, la Californie aux prises avec d’importants problèmes d’électricité a demandé au Congrès la permission d’étendre l’heure avancée à l’année. Les autorités californiennes comptaient sur cette mesure pour économiser l’énergie. Elles craignent maintenant que les actes terroristes du 11 septembre aient relégué aux calendes grecques l’étude de leur demande.

source: meteomedia.com