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police

Le partage


photo: (inconnu)


Quand la police de Montréal joue de la matraque…


source: wyzed.net


source: wyzed.net


source: wyzed.net

pour aller sur wyzed.net


“Je me renseigne sur les agents de police et les manifestations”


photos: Lëa-Kim Châteauneuf

illustré par Peter Costanza
1965
adapté par Lëa-Kim Châteauneuf
avec la collaboration de Jean Barbe, René Saint-Louis, Paco Yayo Montana, Jeff Macaron, Guys Fawkes, Marie S Comtois, Anarchopanda pour la gratuité scolaire, Stéfanie Gagné, Ghislain Taschereau Individu, Rédacteur du Cac, Rabbit Crew et Geneviève L’obstineuse

source: Facebook


Québec | une crise sociale en images


photo: (inconnu)


photo: Robert Skinner


photo: Olivier Pontbriand


source: Twitter


photo: Patrice Laroche


source: Twitter


source: Twitter


photo: (inconnu)


publicité: La Fédération autonome de l’enseignement


photo: (inconnu)


source: Twitter


source: Twitter


source: Twitter


photo: Jean-Marie Villeneuve


caricature: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


photo: Olivier PontBriand


photo: David Widgington


photo: Valerian Mazataud


photo: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


source: Twitter


photo: (inconnu)


photo: Jean-Marie Villeneuve


photo: Édouard Plante-Fréchette


photo: Mathieu Breton


photo: (inconnu)


photo: Édouard Plante-Fréchette


De l’utilisation de la matraque…

photo prise lors du Sommet du G20 de Toronto en 2010

photo: (inconnu)


source: nacssm.org


Quand le Québec fait la une de Libération


source: liberation.fr


source: liberation.fr


source: liberation.fr


De la jeunesse et la répression… | un témoignage troublant


photo: Robert Skinner

Témoignage écrit par Xi Sophie Zhang :

“À plusieurs reprises, les gens ont témoigné sur la brutalité policière et la couverture biaisée des médias. J’y ai toujours cru, mais hier soir, j’en ai eu la preuve incontestable.

Entre 21h et 1h, assise avec une camarade de classe, mon chum et quatre amis dans le café L’Escalier qui fait face au parc Émilie-Gamelin, nous avons été témoins d’une scène terrifiante!!!!!!!!

À travers les fenêtres, nous observions le jeu du chat et de la souris décrit dans les médias : des manifestants s’enfuyant au son des bombes assourdissantes et sur leurs pas, les policiers, des anti-émeutes et la Sûreté du Québec. Alors qu’on prenait une bière en dansant la salsa, l’air s’est épaissi plus d’une fois de poivre de cayenne, faisant tousser soudainement tous les clients du café.

Puis, un silence horrifié autour de la table. 1ère scène sur le trottoir du parc. Un manifestant s’enfuit vers le métro. Des policiers le pourchassent. Un 1er agent à vélo le renverse en pleine course. Un 2è lui rentre dedans avec son vélo. Les autres lui sautent dessus et l’arrêtent de la façon la plus brutale imaginable. 2è scène sur le même trottoir. Un autre manifestant en fuite. Un agent arrive derrière lui. BANG, coup de matraque derrière le cou. Il chute brutalement. Un 2è agent soulève son vélo au-dessus de l’homme qui gît maintenant à terre. PAF PAF PAF. Des coups de bicyclette sur le corps immobile.

Une demie heure plus tard, il y a toujours 10 policiers qui l’encerclent. Tout le monde dans le café se demande « pourquoi est-il encore sur le sol? ». Les agents ont l’air nerveux. Ils demandent à un journaliste de ranger sa caméra. Des passants s’approchent, mais restent en périphérie de la scène. Un policier particulièrement enragé leur crie de dégager et les pousse avec force. Il fait presque tomber à la renverse 2 ou 3 observateurs. C’est de la pure provocation.

Les minutes passent. Le 2è manifestant arrêté est toujours couché. Les observateurs se font de plus en plus nombreux. Finalement, l’ambulance arrive et on comprend. Ils l’ont sévèrement blessé. On voit les paramédicaux lui mettre un collier cervical et l’emporter sur une civière. La foule rage. Une fille s’approche des policiers, crie, pointe, leur montre le doigt. Du café, on n’entend pas ses mots, mais on voit son émotion. On se demande si elle est amie ou parente du blessé et on se dit qu’on réagirait exactement comme elle si ça nous arrivait.

La salsa est finie. On sort du café et on s’approche du lieu de l’incident. Des flaques de sang sur le trottoir où l’homme a été abattu. Notre groupe d’amis, loin d’être tous des carrés rouges, frissonne de peur et de dégoût. L’une d’entre nous a des larmes aux yeux. Ça donne mal au coeur. On se demande tous comment la manifestation sera rapportée dans les médias le lendemain.

Sans grande surprise, ce matin je lis dans La Presse : « Dans le chaos, ce ne sont pas moins de 305 personnes qui ont été arrêtées et une dizaine blessées, dont une gravement. Il s’agit d’un homme d’une quarantaine d’années qui a été blessé à la tête alors qu’il était appréhendé au square Berri. Les policiers venaient de se faire attaquer lorsqu’ils ont chargé, selon un porte-parole. » Dans le Devoir : « On rapporte pour hier un blessé grave à la tête, mais on ne craindrait pas pour la vie du manifestant. » À Radio-Canada : rien sur l’incident en question.

C’est tout. Les policiers ont été provoqués. Le gars ne va pas mourir. Tout va bien dans le meilleur des mondes.

Mais des questions restent sans réponse. Pourquoi arrêter les manifestants (dont la « violence » se résume, 99,9% du temps, à du vandalisme et des altercations avec les policiers, et non à de la vraie violence envers les personnes) en utilisant une force qui pourrait tuer ou rendre paraplégique? Pourquoi frapper sur une personne déjà à terre? Pourquoi agresser les observateurs qui ne dérangent pas, à moins d’avoir quelque chose à cacher? Et surtout, pourquoi dans la presse ne parle-t-on jamais des motifs et du déroulement des arrestations, seulement de la casse qui “justifie” la brutalité?”

source: Facebook / Karine Bériault

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“Si la jeunesse n’a pas toujours raison, la société qui la méconnaît et qui la frappe a toujours tort.”

François Mitterrand
Discours à l’Assemblée nationale, 8 mai 1968


Le Québec et la crise étudiante | un gouvernement dépassé par les événements


source: nsimard.blogspot.ca

par Robert Dutrisac
Le Devoir
12 mai 2012
sous le titre: “Un gouvernement dépassé par les événements”
les photographies ont été ajoutées au texte par citizen zoo

Dimanche dernier, après la victoire de François Hollande, TV5 organisait une table ronde avec des journalistes et commentateurs des quatre coins de la planète. De façon surprenante, plusieurs d’entre eux ont évoqué la crise étudiante au Québec pour établir un lien entre cette contestation et l’opposition aux mesures d’austérité imposées en Europe. Ce qui a commencé comme une simple grève contre la hausse des droits de scolarité est devenu un mouvement contre le néolibéralisme et pour la justice sociale. Pas étonnant que, dans ce contexte, le gouvernement libéral apparaisse dépassé par les événements.


source: leglobe.ca/blog

[ ] il n’en demeure pas moins que la question des droits de scolarité ne semble plus le seul enjeu de la crise actuelle. Dans une entrevue que trois représentants de la CLASSE, dont Gabriel Nadeau-Dubois, accordaient en anglais à RealNews, un site Internet d’information alternatif, le leader étudiant expliquait que l’enjeu de la grève, quand elle a débuté, était bel et bien la hausse des droits de scolarité. « Mais après quatre, cinq, six sept semaines de grève, […] il y a eu un bouillonnement d’idées. Cette conjonction de ces gens très nombreux qui n’ont rien à faire de leur vie, sauf de parler de politique, de participer à des actions et à des manifestations, ça crée un climat de changement social. »


source: martinpm.wordpress.com

Un organisateur de la CLASSE, Jérémie Bédard-Wien, l’exprimait autrement. « Après plus de deux mois de grève, ils [les étudiants] réalisent que les droits de scolarité, c’est la pointe de l’iceberg, l’iceberg néolibéral. » Pour lui, « il ne faut qu’une étincelle pour allumer un incendie ».

« Tout ce qui traîne se salit », conclut, pour sa part, Marc Parent, le chef du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).


photo: Chantal Lévesque

Évidemment, on peut soutenir que la CLASSE est l’aile radicale du mouvement (bien qu’il y ait plus radicaux qu’elle, comme Force critique étudiante, un mouvement qui prend au mot les thèses de Francis Dupuis-Déri, professeur de sciences politiques à l’UQAM). Mais il fallait entendre le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, reconnaître mardi qu’il avait « sous-estimé la détermination » de ses membres et se surprendre que la priorité des étudiants, ce n’est pas de sauver le trimestre, mais d’obtenir « quelque chose de tangible ».


photo: Ryan Remiorz

Au romantisme anarchiste de la CLASSE, Jean Charest oppose un pragmatisme comptable. Il ne faut toutefois pas croire que pendant ces 13 semaines le gouvernement Charest s’est tourné les pouces. Au contraire, il avait une stratégie, il a agi. Le problème, c’est que ses stratégies n’ont pas fonctionné, ses tactiques n’ont pas marché.


Madame Line Beauchamp (députée à l’Assemblée nationale du Québec, vice-première ministre du Québec ainsi que ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport en compagnie du premier ministre du Québec, Monsieur Jean Charest.

photo: Jacques Boissinot

Au début de la grève, le gouvernement n’a pas voulu reconnaître la légitimité des associations étudiantes. Il ne la reconnaît d’ailleurs aujourd’hui que du bout des lèvres. Se drapant dans le légalisme, il soutient toujours qu’il ne s’agit pas d’une grève mais d’un boycottage.

Puis, changement de stratégie, le gouvernement libéral a reconnu une certaine légitimité aux associations étudiantes. Mais il a tenté de créer une division en associant la CLASSE à la violence. À plusieurs reprises, Jean Charest a affirmé que son gouvernement ne s’assoira pas avec la CLASSE, ce qu’il a finalement fait.

Le gouvernement Charest a refusé pendant 11 semaines de négocier avec les associations étudiantes. Il a tenté de régler le conflit en proposant des améliorations au régime de prêts et bourses sans parler aux étudiants.


photo: (inconnu)

Par ailleurs, le gouvernement a misé sur les injonctions pour briser le mouvement de grève.

Les médias ont révélé d’ailleurs que, parmi les premiers étudiants à demander des injonctions il y a un mois et demi, figuraient des militants libéraux. Puis, il y a un mois, Line Beauchamp tentait un coup de force en obligeant les cégeps et les universités à ouvrir leurs portes. Le cégep de Valleyfield devait servir d’exemple. Ce fut un échec.


photo: Francois Thiffault

Enfin, il y a eu cette négociation de la dernière chance, dont le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne fut pas concluante. Tant Line Beauchamp que Jean Charest ont commis l’erreur de minimiser la portée de l’entente avant que les étudiants ne votent. Le gouvernement semble miser à nouveau sur les injonctions, qui seraient aujourd’hui mieux formulées pour en forcer le respect.

Si les étudiants en grève, notamment les cégépiens, perdent leur session, c’est le gouvernement qui sera à blâmer ; c’est du moins ce que l’opinion publique croit, si on se fie aux sondages. En définitive, il y a un responsable, et c’est le gouvernement.


photo: Jean-Marie Villeneuve

photo: Jean-Marie Villeneuve

Mais Jean Charest est le premier à reconnaître qu’un gouvernement peut faire des erreurs. Parfois, le gouvernement ne sait même pas ce qu’il fait. Dans son autobiographie, le chef libéral écrit : « Je dis souvent qu’il ne faut jamais sous-estimer la capacité des gouvernements de se tromper. […] S’il y a une chose qui me fait frémir, c’est quand j’entends des gens dire : « Après tout, c’est le gouvernement ; ils doivent savoir ce qu’ils font. » Il ne faut jamais présumer qu’ils savent ce qu’ils font. »

Rappelons donc cette parole d’Évangile : « Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font. » C’est ce que bien des électeurs libéraux se diront bientôt avant de voter.


Le gouvernement du Québec attend-il qu’il y ait des morts avant de solutionner le conflit étudiant ?


Francis Grenier, étudiant gravement blessé par une grenade assourdissante lancée par un policier qui aurait explosé tout près de son visage. Le choc a été violent et le sang a giclé.

Deux mois plus tard, il ne distingue que des taches et des couleurs. «Je ne peux pas lire plus de quelques lignes avant d’avoir des maux de tête, dit-il. Une page et j’ai des nausées.» Le jeune homme, qui souhaite devenir artiste visuel, craint de devoir abandonner son rêve.

source: httpfiles.gestionradioqc.com
texte adapté de lapresse.ca

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“Bâton cinétique”, communément appelé “balle de caoutchouc”

source: lapresse.ca


Une étudiante, Dominique Laliberté, vient d’être blessée par un bâton cinétique lancé par un policier.

photo: (inconnu)


Dominique Laliberté (et son ami Pierre Léveillé), attend des secours qui seront longs à venir.

photo: Carl Lapriz


source: YouTube

Une vidéo montrant la longue attente avant que Dominique Laliberté reçoive des soins.


Résultats de l’impact du bâton cinétique: une multiple fracture de la mâchoire et plusieurs dents perdues. L’étudiante a subi une intervention chirurgicale afin de lui fixer des plaques et des vis sur la zone blessée. Elle devra aussi se faire poser des implants dentaires afin de remplacer les dents qu’elle a perdues. Une facture de 10 000 $ au bas mot.

photo: Patrice Laroche
texte adapté de lapresse.ca

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Alexandre Allard a subi un traumatisme crânien léger, une fracture au visage, une fracture au crâne et une contusion cérébrale. Suite à ces blessures, il a été entre la vie et la mort pendant les heures qui ont suivi l’incident.
Il n’est pas encore possible à ce jour de connaître la nature exacte du projectile qu’il a reçu à la tête. Il pourrait s’agir d’une boule de billard, d’un morceau d’asphalte ou d’une balle de caoutchouc lancée par un policier.

photo: Marie-Eve Doré
texte adapté de flutrackers.com

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Maxence L. Valade, un étudiant qui, après avoir été atteint d’un projectile, s’est retrouvé avec des fractures importantes aux os du visage et au crâne, une commotion cérébrale et un hématome, en plus d’avoir perdu l’usage d’un oeil.
Maxence est ici traité par les ambulanciers avant son transport à l’hôpital.

photo: Michel Desbiens
texte adapté de lapresse.ca


Manifestations contre la hausse des frais de scolarité universitaire | le Québec et ses étudiants éclopés

source: YouTube
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Gabrielle Duchaine
La Presse

(extrait de l’article paru sous le titre: “Le conflit étudiant a fait des centaines d’éclopés”)
la vidéo a été ajoutée par citizen zoo

En trois mois, la grève étudiante aurait fait plusieurs centaines d’éclopés. Si la plupart n’ont subi que des ecchymoses, des éraflures ou des irritations aux yeux, certains garderont à jamais des séquelles du conflit.

«Je n’ai jamais vu autant de blessés dans un mouvement de contestation au Québec», affirme l’avocat Alain Arsenault, spécialiste des cas de brutalité policière.

Bien que le bilan des blessés soit imprécis, il reste particulièrement lourd. Une équipe d’infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions seulement lors de l’émeute de Victoriaville, vendredi soir, dont près de 200 pour traiter des gens incommodés par les gaz. La Sûreté du Québec dénombre pour sa part 12 blessés graves, 6 dans son camp et 6 dans celui des manifestants, dont 4 ont été hospitalisés. Parmi ceux-ci: Maxence Valade, 20 ans, élève au cégep de Saint-Laurent, qui a perdu l’usage d’un oeil et subi une opération de huit heures après avoir reçu un projectile au visage, et Alexandre Allard, 20 ans, étudiant à l’Université Laval, dont on a craint pour la vie à la suite d’un traumatisme crânien causé par un projectile.

photo: Édouard Plante-Fréchette

«Ce que j’ai vu était horrifiant», dit l’infirmière Sophie Vallée-Desbiens, 32 ans, membre du groupe Infirmières contre la hausse, visiblement secouée de son week-end militant. «J’ai travaillé aux urgences et en Afrique et, en huit ans de carrière, je n’ai jamais vu chose pareille.» Son équipe d’une dizaine de premiers répondants et elle ont traité des centaines de personnes durant les trois heures de l’émeute. S’ils ont vu beaucoup de cas de brûlures aux yeux et à la peau à cause du gaz poivre et aidé de nombreux manifestants en panique, ils ont aussi secouru des gens qui ont eu les dents fracassées par des projectiles et d’autres qui s’étaient foulé une cheville, voire fracturé une jambe, en essayant de se sauver du chaos.

article complet sur lapresse.ca


4 victimes et 3 condamnés à vie | plus qu’un fait divers, un crime d’honneur de plus


Rona Amir Mohammad, 50 ans au moment de sa mort

photo: (inconnu)


Zainab Mohammad Shafia, 19 ans au moment de sa mort

autoportrait: Zainab Mohammad Shafia


Sahar Mohammad Shafia, 17 ans au moment de sa mort

autoportrait: Sahar Mohammad Shafia


Geeti Mohammad Shafia, 13 ans au moment de sa mort

photo: (inconnu)

“Il est difficile de concevoir des crimes plus haineux, plus dépravés et déshonorants que les meurtres, dans le cas de Mohammad Shafia, de ses filles et de sa femme; dans le cas de Tooba, de ses filles et de sa co-femme; et dans le cas d’Hamed, de ses soeurs et de sa mère. La raison manifeste de ces meurtres honteux, exécutés de sang-froid, est que les quatre victimes tout à fait innocentes ont offensé votre conception tordue de l’honneur. Une notion fondée sur la domination et le contrôle des femmes, une notion malade de l’honneur qui n’a absolument pas sa place dans aucune société civilisée.”

L’Honorable juge Robert L. Maranger, de la Cour Supérieure de Justice de l’Ontario, s’adressant aux inculpés après que le jury les ait tous trois reconnus coupables de meurtres prémédités et ce, après 3 mois de procès et une quinzaine d’heures de délibération des jurés

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KINGSTON, Ontario (Canada) - Lorsque la police a reçu un appel le matin du 30 juin 2009 concernant une voiture immergée dans une écluse du canal Rideau, elle a d’abord cru qu’il s’agissait d’un véhicule volé, ou même d’une farce de mauvais plaisants.

Il n’y avait pas moyen de savoir, à ce moment, que la voiture contenait les corps de trois soeurs et celui de la première femme de leur père polygame, les victimes d’un “crime d’honneur” minutieusement préparé mais gauchement exécuté.

Mohammad Shafia, âgé de 58 ans, sa femme Tooba Yahya, âgée de 42 ans, et leur fils Hamed, âgé de 21 ans, ont tous été reconnus coupables, dimanche le 29 janvier, de quatre chefs de meurtre au premier degré dans cette affaire.


Mohammad Shafia, sa femme Tooba Yahya Shafia et leur fils Hamed Shafia

photo: Lars Hagberg


photo: Sean Kilpatrick

La police de Kingston indique qu’il n’aura pas fallu longtemps pour que ses agents doutent de la possibilité improbable qu’il s’agisse d’un accident. Une fois qu’ils eurent tourné leur attention vers les Shafia et commencé à examiner leur dynamique familiale, il est rapidement devenu clair qu’ils avaient affaire à des meurtres.

L’appellation “crime d’honneur” ne viendra que plus tard, quand les enquêteurs auront rencontré la famille, les amis, les petits amis, les travailleurs sociaux et les autorités scolaires, puis ensuite quand ils auront écouté les accès de colère du père Shafia, qui accordait davantage de valeur à son honneur qu’à la vie de ses filles.

Le jour où l’automobile a été découverte dans le canal, le policier Brent White est arrivé sur les lieux vers 10 h 30. Il a tout d’abord pensé à un gag, puisqu’il avait observé le peu d’espace laissé pour qu’une voiture puisse tomber à l’eau.


source: Kingston Police


source: thestar.com

Des plongeurs ont ensuite sauté dans le canal pour examiner la scène sous l’eau, et ont découvert les quatre corps flottant dans la voiture. Ceux-ci seront plus tard identifiés comme étant ceux des soeurs Zainab, âgée de 19 ans, Sahar, âgée de 17 ans, et Geeti Shafia, âgée de 13 ans, ainsi que celui de Rona Amir Mohammad, âgée de 50 ans.

L’affaire s’est soudainement transformée en une enquête sur les décès relevant de l’autorité du coroner, et les policiers ont commencé à récolter des informations, y compris des pièces d’un phare brisé qui deviendraient plus tard la clé de toute l’affaire.


Scène de l’écluse

source: Kingston Police

Au même moment, un couple et leur fils de 18 ans se sont présentés au poste de police de Kingston pour signaler la disparition de trois filles et d’une femme. La famille Shafia, de Montréal (Québec), avait passé la nuit dans un motel de Kingston et, le lendemain, a découvert que les trois filles adolescentes et une femme décrite comme la cousine du père étaient disparues avec leur voiture.


photo: Ivanoh Demers

Les trois affirmaient que leur fille ainée, Zainab, avait pris les clés de la voiture et devait avoir emmené les trois autres pour une promenade au dénouement tragique.

Alors que la police enregistrait les témoignages de Mohammad Shafia, de sa deuxième femme Tooba Yahya et de leur fils Hamed, la Nissan Sentra était retirée des eaux, et une partie des informations découvertes par la police ne correspondaient pas exactement au scénario de l’accident.


Vue partielle de l’écluse

photo: Lars Hagberg


Partie de l’écluse où la Nissan Sentra a été retrouvée sous l’eau, à un angle de 45°

photo: Lars Hagberg


Etroite partie du quai dans laquelle la Nissan Sentra a été poussée par le SUV Lexus

photo: Lindsay Parrish


La Nissan Sentra est retirée de l’eau

source: Canadian Press


source: Kingston Police

Le moteur et les phares de la voiture étaient coupés et la première vitesse était enclenchée, tandis que les sièges avant étaient entièrement abaissés vers l’arrière et que la fenêtre côté conducteur était ouverte. Cela n’indiquait pas immédiatement un meurtre, mais les policiers se sont montrés soupçonneux.

L’angle des sièges rendait la conduite pratiquement impossible, et cela aurait certainement été inconfortable. Même un conducteur sans expérience savait qu’il fallait placer le bras de vitesse en position D pour conduire une voiture à transmission automatique. Et tout indiquait que la voiture était tombée dans l’eau au milieu de la nuit. Pourquoi les phares étaient-ils éteints?


source: CKWS TV

Par ailleurs, comme l’un des plongeurs l’a fait remarquer, pourquoi semblait-il que personne n’ait tenté de s’échapper par la fenêtre ouverte?

La seule possibilité logique, affirmera plus tard la Couronne lors du procès, est que les quatre victimes étaient déjà mortes, tout d’abord noyées puis déposées dans l’automobile pour simuler un accident.

Lors des premières entrevues de la famille avec la police, les Shafia ont dit qu’ils revenaient de vacances passées à Niagara Falls (Ontario) lorsqu’ils se sont arrêtés à Kingston (245 km) pour la nuit. La famille de 10 personnes voyageait dans deux véhicules, une Nissan Sentra et un VUS Lexus. La police a trouvé étrange, pourtant, que le père Shafia, Yahya et Hamed se soient rendus au poste de police dans une fourgonnette Pontiac.


Vue partielle des chûtes de Niagara Falls

photo: Zainab Mohammad Shafia

Hamed a dit qu’il avait décidé de ne pas demeurer au motel cette nuit-là avec sa famille, et était rentré à Montréal pour y récupérer son ordinateur portable et régler des questions d’affaires avec des locataires d’un centre commercial possédé par le père à Laval (couronne nord de Montréal).

Les policiers de Kingston ont appelé leurs collègues de Montréal pour obtenir des informations sur les véhicules et ont été étonnés d’apprendre qu’Hamed avait rapporté le matin même, à Montréal, une collision entre le VUS Lexus et une barrière dans un stationnement quasi désert.

Hamed avait négligé de mentionner ces détails dans son entrevue lorsqu’il a parlé de son retour à Montréal.

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«Même si on me hisse sur la potence, rien n’est plus cher que mon honneur. Rien n’est plus grand que notre honneur. Fais un homme de toi, ne sois pas une femme. Ta mère est un homme.»

Mohammad Shafia à son fils Hamed, la veille de leur arrestation

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À la fin du jour 1, la police avait déjà des soupçons, mais il y avait encore un très long chemin à parcourir pour monter un dossier d’accusation contre la famille.

Le lendemain, le détective Steve Koopman, de la police de Kingston, a reçu l’autorisation du père d’examiner le véhicule Lexus et les pièces du phare brisé, provenant prétendument de la collision d’Hamed dans le stationnement, ont été emportées pour analyse. Le policier expert en scènes de crime Rob Etherington était occupé à tenter de reconstruire le phare avec les pièces de la collision à Montréal lorsqu’il a découvert ce qui représenterait le point central de l’enquête.

Les petites pièces de plastique récupérées à l’endroit où la Nissan a été trouvée correspondaient aux morceaux manquants du phare de la Lexus. Toutefois, selon le témoignage de la famille, la Lexus n’avait jamais été sur les lieux cette nuit-là.

source: Kingston Police


photo: Michael Lea

La théorie éventuellement présentée par la Couronne en cour est que les Shafia croyaient que la Nissan transportant les corps plongerait d’elle-même dans le canal si elle était placée en première vitesse, mais que le véhicule à traction avant s’est coincé sur la bordure du canal.

Alors que les roues continuaient à tourner, quelqu’un a plongé la main à l’intérieur par la fenêtre ouverte pour éteindre le moteur, a dit la Couronne, puis la Lexus a été utilisée pour pousser la Nissan jusque dans l’eau, ce qui explique à la fois les dommages à l’arrière de la Nissan et le phare fracassé de la Lexus.


Le SUV Lexus accidenté

source: radio-canada.ca


La voiture de marque Lexus (droite) de la famille Shafia a des traces d’impact qui correspondent à celles sur l’autre voiture, la Nissan (gauche), retrouvée dans le canal Rideau, a indiqué un expert en reconstitution de scènes d’accident de la Police provinciale de l’Ontario

source: radio-canada.ca

Certaines des preuves les plus sensationnelles présentées lors du procès, qui viendraient former la base de la théorie du “crime d’honneur”, ont été recueillies dans les jours précédant l’arrestation des Shafia.

Les policiers ont réussi à installer des micros dans la fourgonnette familiale, et ont entendu le père Shafia et sa femme discuter longuement des risques d’avoir été aperçus sur les lieux du crime.

Le père Shafia a également été enregistré alors qu’il tempêtait contre ses filles mortes, les traitant de prostituées parce qu’elles avaient des petits amis, et lançant “puisse le diable déféquer sur leurs tombes”. Il a lui-même soulevé le concept d’honneur à plusieurs reprises.


Visite des jurés aux écluses de Kingston le 27 octobre 2011

photo: Ian Macalpine


Visite des jurés aux écluses de Kingston le 27 octobre 2011

photo: Ian Macalpine

Sur l’ordinateur portable d’Hamed, les policiers ont été choqués de découvrir que le fils avait effectué une recherche Internet en tapant “Où commettre un meurtre”. Il a également consulté de nombreuses photos de plans d’eau.

ndlr:
“Du 3 au 20 juin 2009, l’ordinateur utilisé par Hamed enregistre des recherches dont: “Est-ce qu’un prisonnier peut avoir le contrôle de ses biens immobiliers?” et “Où commettre un meurtre?”. Pendant tout le mois de juin, des recherches sur les plans d’eau sont effectuées.”
source: cyberpresse.ca

“L’ordinateur a été utilisé pour effectuer des recherches au sujet de plusieurs lacs ou cours d’eau du Québec… [ ] Un policier de Kingston, spécialisé en informatique, a aussi indiqué que des recherches ont été effectuées avec les termes “documentaires sur des meurtres”, “un prisonnier peut-il avoir le contrôle d’un bien immobilier?” et “où commettre un meurtre”.”
source: radio-canada.ca

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Au final, Shafia, Yahya et Hamed se trouvaient en prison depuis leur arrestation du 22 juillet 2009, et devront y passer au moins 25 années, à compter de cette date, avant qu’ils ne puissent demander une libération conditionnelle.


photomontage: radio-canada.ca


photo: Dario Ayala


photo: Peter McCabe

adapté de l’article d’Allison Jones (Presse Canadienne) publié le 30 janvier 2012


Grèce | un pays en état de crise


photo: Yannis Behrakis


photo: John Kolesidis


photo: Yannis Behrakis


photo: Yiorgos Karahalis


photo: Orestis Seferoglou


photo: John Kolesidis


photo: Panagiotis Tzamaros


photo: Yiorgos Karahalis


photo: John Kolesidis


photo: Yannis Behrakis

source: totallycoolpix.com


Made in China


source: bbs.heze.cc


source: bbs.heze.cc


source: bbs.heze.cc


source: bbs.heze.cc


source: bbs.heze.cc

Dans la ville de Heze (Chine), le Bureau de la sécurité publique a organisé une section dite “police de la neige”, formée de policiers et chargée de l’enlèvement de la neige.


Menotté


photo: Amine Landoulsi

Paris, 21 mai 2011.


Le Mexique sur un pied de guerre contre les narco-trafiquants


photo: (inconnu)


photo: Rodrigo Abd


photo: Saul Lopez


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


photo: (inconnu)


Par le feu

Un policier Chinois s’est servi d’un extincteur afin d’éteindre le feu sur un homme qui avait tenté de s’immoler. L’homme de 41 ans aurait tenté ce geste désespéré après avoir perdu tout son argent à la suite de la crise économique qui sévit. Cet incident date du 29 avril 2009.

source: AFP/Getty Images


Vers quoi?


photo: Emeric Lhuisset


A Russian portrait – 18


photo: (inconnu)


La femme en rouge

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photo: (inconnu)


Demonstrators embracing the police in Tehran


Just after June 12 election, protestators in Tehran were thoughtlessnessly acting with policemen. The calm before the storm…

source: YouTube

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Brutalité policière

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photo: (inconnu)


Kénya: ”contrôle” d’une manifestation

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photo: Uriel Sinai


L’Histoire revue et corrigée par un petit malin: l’assassinat de Lee Harvey Oswald


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photo du haut: Bob Jackson
photo du bas: un petit malin anonyme


Une arrestation musclée

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photo: (inconnu)